Combien coûte une automatisation IA ? La moitié de la réponse n'est pas chiffrable.

La mise en place se chiffre sans difficulté. Le coût de fonctionnement, non, et c'est précisément la partie dont personne ne parle avant de signer.

Deux coûts, dont un seul est annonçable

Une automatisation coûte deux choses, et on vous en annonce généralement une seule.

Le premier coût est celui de la mise en place : le cadrage, le développement, la mise en production. Il se chiffre à l'avance, il fait l'objet d'un forfait, et c'est ce que contient le devis que vous signez.

Le second est le coût de fonctionnement. Chaque fois que votre automatisation tourne, elle consomme des tokens facturés à l'usage par le fournisseur du modèle. Ce coût-là ne s'arrête jamais, il n'apparaît sur aucun devis, et il est variable par construction.

Le vrai sujet n'est pas le montant, c'est la prévisibilité. Un prestataire qui vous annonce un coût de fonctionnement fixe au centime près ne l'a pas mesuré, ou ne vous dit pas tout.

Un exemple réel, avec ses chiffres

Prenons un cas que j'ai construit : un audit de référencement automatisé, qui va chercher les données de la Search Console, analyse ce que font les concurrents, interroge PageSpeed Insights, puis rédige un rapport.

Une exécution consomme environ 80 000 tokens. Au tarif actuel du modèle utilisé, un Claude Sonnet facturé 2 dollars le million de tokens en entrée et 10 dollars en sortie, cela représente de l'ordre de vingt à trente centimes par audit.

Autant le dire franchement : ce n'est pas cher. Et c'est exactement pour ça que l'argument alarmiste sur le coût de l'IA ne tient pas. Le problème n'est pas le montant d'une exécution.

Ce qui fait vraiment varier la note

Trois choses, et aucune n'est visible au moment du devis.

La qualité de ce qui entre

Une facture nette et bien cadrée se traite pour une bouchée de pain. La même, froissée, photographiée de travers et accompagnée de trois annexes, peut coûter dix fois plus. Vous ne payez pas au document, vous payez à la quantité de matière que le modèle doit digérer.

Le volume

Vingt-cinq centimes, c'est négligeable. Multipliés par cinq cents traitements par mois, cela devient une ligne budgétaire dont personne n'avait parlé. Le coût unitaire rassure, le volume décide.

Les boucles

Une automatisation qui repasse plusieurs fois sur le même travail renvoie son contexte à chaque tour. La consommation ne grandit pas proportionnellement au travail fourni, elle s'empile. C'est le poste qui surprend le plus, parce qu'il ne se voit pas de l'extérieur.

Le coût est dans ce que vous envoyez, pas dans ce qui revient

Voilà le point que presque tout le monde a à l'envers.

On imagine payer pour la réponse produite. En réalité, sur l'audit cité plus haut, l'écrasante majorité des 80 000 tokens était en entrée : les données de la Search Console, les pages des concurrents, les résultats de performance. La réponse, elle, ne pesait que quelques milliers de tokens.

Le tarif de sortie est pourtant cinq fois plus élevé que celui d'entrée. Mais quand vous envoyez quinze fois plus de matière que vous n'en recevez, c'est l'entrée qui fait la facture.

La plupart des gens optimisent ce que le modèle répond. La dépense est dans ce qu'on lui donne à lire.

Ce que je fais concrètement

Je n'envoie que le nécessaire. Cela paraît évident écrit comme ça, et pourtant c'est le contraire de ce qui se pratique : par confort, on transmet au modèle l'intégralité de ce dont on dispose, en se disant qu'il fera le tri. Il le fera, et vous paierez pour chaque ligne qu'il aura lue pour rien.

Réduire ce qui entre demande de savoir ce qui est réellement utile à la tâche, donc de comprendre le métier avant d'écrire l'automatisation. C'est du travail de conception, pas un réglage qu'on active à la fin. C'est aussi pour cette raison que le cadrage vient avant la construction.

Les questions à poser avant de signer

Quel que soit le prestataire que vous consultez, moi compris, voici ce qui mérite une réponse écrite.

  • Quel est le coût de fonctionnement estimé, par exécution et par mois, sur mon volume réel ?
  • Sur quoi cette estimation repose-t-elle ? Une mesure faite sur mes données, ou un ordre de grandeur repris d'ailleurs ?
  • Qu'est-ce qui le ferait doubler ? Si personne ne sait répondre, personne n'a mesuré.
  • Qui paie si ça dérape ? Le compte est au nom de qui, et qui surveille la consommation ?

Une réponse honnête à ces quatre questions ressemble à une fourchette assortie de ses conditions, pas à un chiffre unique. Méfiez-vous de la précision : elle est plus souvent le signe qu'on ne veut pas vous inquiéter que celui d'une mesure sérieuse.

Les tarifs cités datent de la rédaction de cet article et évoluent. L'ordre de grandeur compte davantage que la décimale.

Questions fréquentes

Peut-on connaître à l'avance le coût mensuel d'une automatisation IA ?

Pas au centime près, et personne ne le peut. On peut en revanche le mesurer sur un cas réel pendant une mise en production restreinte, puis extrapoler sur votre volume avec une fourchette basse et haute. C'est la seule méthode honnête : un chiffre unique annoncé avant toute mesure est une supposition présentée comme une certitude.

Qu'est-ce qui coûte le plus cher, la question posée ou la réponse produite ?

Contre-intuitivement, la question. Le tarif d'un token de sortie est plusieurs fois supérieur à celui d'un token d'entrée, mais une automatisation envoie généralement bien plus de matière qu'elle n'en reçoit. Sur un audit de référencement type, la documentation transmise pèse quinze fois le rapport rendu. C'est donc en réduisant ce qu'on envoie qu'on réduit la facture.

Le coût de fonctionnement est-il inclus dans le forfait de mise en place ?

Chez moi, non, et il faut le dire clairement. Le forfait couvre le cadrage, le développement et la mise en production. La consommation, elle, est facturée à l'usage par le fournisseur du modèle et court tant que l'automatisation tourne. L'inclure dans un forfait obligerait à le surestimer largement pour couvrir le risque, ce que vous paieriez de toute façon.

Une automatisation qui coûte quelques centimes par exécution, est-ce vraiment un sujet ?

À l'unité non, à l'échelle oui. Le coût unitaire rassure et fait baisser la vigilance, alors que c'est le volume qui décide du montant à la fin du mois. Le sujet n'est pas la dépense en elle-même, c'est de la connaître avant de s'engager plutôt que de la découvrir sur une facture.

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